Le Rotin

Le mot «rotin» vient du malais rotan et signifie palmier grimpant, c’est une liane à épine qui une fois débarrassée de son enveloppe (la canne) permet de réaliser des meubles, des paniers, des chapeaux, des cages à oiseaux. C’est le deuxième produit d’importance économique après le bois dans de nombreux pays d’Asie.

Les rotins, qui abondaient jadis dans les forêts tropicales se font de plus en plus rares en raison de la surexploitation de la foret et des coupes sauvages. Presque tout le rotin est récolté à partir des forêts naturelles et il n’existe pas encore de modèle de gestion durable du rotin dans les forets. Ces dernières années, la récolte et le déboisement incontrôlés ont décimé les differentes espèces de rotin. Parmi 600 espèces de rotin, 117 sont inscrites dans la Liste rouge des espèces menacées de l’Union mondiale pour la nature (UICN) et 21 sont en danger d’extinction totale.

Parce que 90 % des produits en rotin exportés sont fabriqués à partir de rotin sauvage en voie de disparition nous avons fait le choix il y a 6 ans de planter du rotin et de n’utiliser que du rotin de culture. Nous avons entrepris en 2007 des plantations de rotin dans le sud du Vietnam avec une ong vietnamienne : Mékong Plus www.mekongplus.org.  Un projet fou et compliqué car le rotin ne pousse pas dans le Sud du Vietnam…

Après 4 ans de sècheresse consécutive et maintes difficultés rencontrées par nos cultivateurs de rotin, nous avons décidé de poursuivre notre projet rotin cette fois dans le Nord d’Hanoi,  dans la province de Thai Binh, grande région productrice de riz.

Il y a quelques jours je suis allée visiter les familles qui cultivent le rotin.

Rencontre avec Madame Sen-Pham Thi à Tinh Thai Binh.

Son rotin est cultivé sur une toute petite parcelle (1000 m2) qui vient en complément du riz (les terres sont prêtées par l’état contre l’obligation de planter du riz).

Le rotin est assez extraordinaire, il ne nécessite ni engrais ni pesticides, les feuilles et racines de jacynthe d’eau qui abondent partout sont utilisées comme compost, de plus elles empêchent les mauvaises herbes de pousser. Le rotin est coupé deux fois par an, la récolte dure entre 10 et 20 jours. Les lianes très envahissantes sont contenues par un épais lien végétal, quand le lien est moisi il est temps de faire la récolte. Le rotin est débarrassé de ces feuilles et épines avec une machette, directement dans le champs. C’est un travail familial qui se fait en complément des travaux des champs.

Ensuite l’écorçage se fait dans la cours de la maison avec des couteaux traditionnels ou une serpette, puis une petite machine permet d’éplucher le rotin et d’obtenir la moelle.  Le moelle de rotin, issue du cœur du rotin est utilisée pour sa grande capillarité, elle dispose de minuscules petits tubes creux qui absorbent le parfum et le diffuse dans l’atmosphère.

Avec 100 kg de rotin brut on obtient 10 kilo de moelle, le tour de la moelle appelée canne ou éclisse est vendu aux vanniers ou tressé par certaines familles pour réaliser des paniers, des chaises et des petits objets en vannerie.

Avec cette culture complémentaire Madame Sen Pham Thi a pu envoyer ses enfants à l’école, le rotin est beaucoup plus rentable que le riz…

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